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IA gratuite : ce que vous payez quand c'est gratuit

Une IA gratuite fait gagner du temps dès la première minute, et c'est souvent par elle que l'IA entre dans une entreprise. Mais une offre gratuite a un modèle économique, et vos conversations en font parfois partie. Voici ce que disent vraiment les conditions, et les réglages à vérifier avant d'y coller un dossier.

L'équipe STEP BY STEP · 5 août 2026 · 4 min de lecture

Le réflexe qu'on comprend très bien#

Un tableau à reformater, un courrier à adoucir, un contrat de 40 pages à comprendre avant la réunion de 14 h. Un collègue ouvre un assistant d'IA gratuit dans son navigateur, colle le document, et obtient en trente secondes ce qui lui aurait pris une heure. Difficile de lui reprocher : l'outil est excellent, et il ne coûte rien.

La seule question qu'il ne s'est pas posée est la plus importante : que devient ce qu'il vient de coller ?

Ce que disent vraiment les conditions#

Les grands assistants d'IA ont des offres gratuites généreuses. Leurs conditions sont publiques, et elles disent des choses précises sur l'usage de vos conversations. Deux exemples, relevés sur les pages officielles des éditeurs.

Chez OpenAI (ChatGPT)#

Le centre d'aide d'OpenAI indique que pour les comptes personnels Free, Plus et Pro, le partage des données pour l'entraînement est activé par défaut. Un réglage, « Améliorer le modèle pour tous » dans les contrôles de données, permet de le désactiver : les nouvelles conversations ne servent alors plus à entraîner les modèles. (Source : help.openai.com, article « Data Controls FAQ ».)

Chez Anthropic (Claude)#

Depuis la mise à jour de ses conditions grand public en septembre 2025, Anthropic demande aux utilisateurs des offres Free, Pro et Max de choisir si leurs conversations peuvent servir à l'entraînement. S'ils l'acceptent, la conservation des données passe à cinq ans ; sinon, elle reste de trente jours. (Source : anthropic.com, « Updates to our consumer terms ».)

Dans les deux cas, les règles sont claires et le choix existe. Le problème n'est pas l'éditeur : c'est que personne dans l'entreprise ne sait quel réglage chaque collègue a laissé.

Ce que coûte vraiment une IA gratuite#

Le contrôle#

Avec un compte personnel, c'est la personne qui décide, pas l'entreprise. Elle peut avoir désactivé l'entraînement, ou jamais ouvert la page des réglages. Elle peut partir demain avec l'historique de ses conversations dans son compte.

La traçabilité#

Si un client demande un jour ce que vous avez fait de son dossier, que répondez-vous ? Avec des comptes gratuits dispersés, il n'existe aucun journal : ni de ce qui a été envoyé, ni par qui, ni quand. C'est la définition même de la shadow IA.

La continuité#

Une offre gratuite peut changer de limites, de modèle ou de conditions du jour au lendemain. C'est son droit. Mais un processus de travail qui repose dessus devient fragile sans que personne l'ait décidé.

Les réglages à vérifier dès aujourd'hui#

Si des comptes gratuits sont utilisés dans votre équipe, voici le minimum à faire, sans rien interdire :

  1. Faire ouvrir les réglages de confidentialité de chaque outil utilisé, et vérifier l'option d'entraînement.
  2. Proposer les conversations temporaires quand l'outil en offre : elles ne restent pas dans l'historique.
  3. Fixer une règle simple : rien d'identifiant (nom, adresse, coordonnées bancaires, numéro de dossier) dans un outil gratuit.
  4. Lister les outils réellement utilisés : on ne gouverne pas ce qu'on ne connaît pas.

Notre modèle de charte d'utilisation de l'IA reprend ces points en dix règles prêtes à adapter.

Ce que changent les offres professionnelles#

Les offres professionnelles et l'accès par API reposent en général sur des conditions commerciales différentes : les éditeurs y écartent par défaut l'entraînement sur les données de leurs clients, et c'est écrit dans leurs contrats. C'est un vrai progrès, mais il ne règle pas tout. Vos données partent toujours chez le fournisseur pour être traitées.

La meilleure protection reste de ne pas envoyer ce qui n'a pas besoin de partir. Dans AIKeep, AIGuard reconnaît les noms, les coordonnées bancaires et les accès techniques, les remplace par des leurres de même nature avant l'envoi, puis rétablit les vraies valeurs dans la réponse. Vous pouvez aussi valider chaque envoi : une fenêtre montre ce qui va être remplacé avant que rien ne parte.

Et chez vous ?#

Posez une seule question en réunion d'équipe : « Qui utilise un outil d'IA gratuit, et sait-il si ses conversations servent à l'entraînement ? ». Le silence qui suit vous dira où vous en êtes. Ce n'est pas un reproche à faire : c'est le point de départ d'une règle que tout le monde comprendra.

L'équipe STEP BY STEP édite AIKeep et intègre l'IA en entreprise : analyse de besoin, intégration, gouvernance. Découvrir notre approche.

Questions fréquentes

Les questions qu'on se pose

Une IA gratuite est-elle interdite en entreprise ?

Non, aucune règle générale ne l'interdit. Mais le RGPD vous rend responsable des données personnelles que vous confiez à un tiers. Coller le dossier d'un client dans un outil dont vous ne maîtrisez pas les réglages est difficile à justifier.

Désactiver l'entraînement suffit-il ?

C'est un bon réflexe, mais pas une protection complète : la conversation part quand même chez le fournisseur et y est conservée un temps. Pour une donnée sensible, le plus sûr est qu'elle ne parte pas, ou qu'elle parte remplacée.

Les conversations temporaires sont-elles sans risque ?

Elles ne restent pas dans votre historique et, selon l'éditeur, ne servent pas à l'entraînement. Elles transitent malgré tout par ses serveurs. Elles limitent le risque, elles ne le suppriment pas.

Et chez vous, que pourrait prendre l'IA ?

Nommez la tâche qui vous coûte le plus de temps : elle est rejouée devant vous sur notre jeu de démonstration, sans document ni accès à fournir.