Trois questions derrière un seul mot#
Quand on parle d'IA souveraine, on mélange souvent trois questions distinctes :
| Question | Ce qu'elle recouvre |
|---|---|
| Où sont traitées les données ? | Le pays des serveurs : en France, dans l'Union européenne, ailleurs |
| Qui peut y accéder ? | Le droit qui s'applique à l'opérateur, y compris un droit étranger |
| De qui dépend-on ? | L'éditeur du modèle, l'hébergeur, la possibilité d'en changer |
Une offre peut répondre à l'une sans répondre aux autres. Des serveurs situés en France, exploités par une société soumise à un droit étranger, règlent la première question, pas la deuxième.
Ce que veut dire « IA souveraine »#
Au sens strict, une IA souveraine est un service dont le modèle, l'hébergement et l'opérateur relèvent du droit européen, sans dépendance à une autorité extérieure. Deux notions reviennent souvent dans ce débat :
- Le Cloud Act, une loi américaine de 2018, permet aux autorités des États-Unis d'exiger d'un fournisseur soumis à leur droit des données qu'il détient, même lorsqu'elles sont stockées hors des États-Unis. C'est l'argument principal en faveur d'opérateurs non soumis à ce droit.
- SecNumCloud est la qualification de l'ANSSI pour les services d'informatique en nuage. Dans sa version actuelle, elle exige notamment une protection contre les lois extra-européennes. C'est le niveau de référence pour les données les plus sensibles en France.
Côté modèles, il existe des éditeurs européens — Mistral AI, en France, en est l'exemple le plus connu — et des modèles ouverts que l'on peut héberger soi-même.
Ce que la souveraineté coûte#
La souveraineté a un prix, qu'il faut regarder en face :
- les modèles les plus capables sont, à ce jour, proposés par quelques éditeurs, majoritairement américains ;
- un hébergement qualifié coûte plus cher qu'un hébergement standard ;
- un modèle hébergé chez soi demande du matériel et de l'entretien.
Le bon niveau dépend de la nature des données. Des secrets industriels ou des données de santé n'appellent pas la même réponse qu'un courrier commercial.
Ce que veut dire « IA locale »#
Une IA locale fonctionne sur des machines que l'entreprise contrôle : un poste, un serveur interne. Le terme désigne deux choses différentes, qu'il faut séparer :
- Un modèle local : le modèle de langage lui-même tourne sur la machine. Rien ne part, et cela fonctionne hors ligne. En contrepartie, les modèles qui tiennent sur un poste sont plus petits, plus lents, et il faut les maintenir.
- Un logiciel local : l'application, les fichiers, les traitements tournent sur la machine, et seul ce qui doit être lu par le modèle part vers lui. Le contrôle porte alors sur ce qui part, plutôt que sur l'endroit où tourne le modèle.
La seconde approche est souvent la plus réaliste en entreprise : elle garde les fichiers sur place, fait sur le poste tout ce qui peut s'y faire — lire un document scanné, détecter des données personnelles, calculer —, et réduit ce qui sort au strict nécessaire.
Garder la maîtrise de ses données, concrètement#
Quelle que soit l'option retenue, la maîtrise repose sur quelques mesures vérifiables :
- Savoir ce qui part. Quels documents, quels champs, vers quel fournisseur. Un logiciel qui ne le montre pas ne permet pas d'en répondre.
- Réduire ce qui part. Remplacer les données personnelles par des substituts avant l'envoi — c'est la pseudonymisation.
- Lire le contrat du fournisseur. Utilise-t-il les données pour entraîner ses modèles ? Quel accord de traitement, quelles clauses pour un transfert hors de l'Union ?
- Tracer. Conserver la preuve de ce qui a été protégé et de ce qui a été laissé passer, hors de la machine qui l'a envoyé.
- Pouvoir changer. Ne pas enfermer ses données, ses règles et ses raccordements dans un format qui n'appartient qu'à un fournisseur.
Où se situe AIKeep, sans détour#
AIKeep n'est pas une IA souveraine au sens strict : la génération du texte est confiée aux modèles Claude d'Anthropic, une société américaine. Nous préférons le dire plutôt que de laisser croire le contraire.
AIKeep est en revanche un logiciel local au sens décrit plus haut :
- il s'installe sur les postes Windows de l'entreprise, sans serveur, et vos fichiers y restent ;
- la lecture des documents scannés se fait hors ligne, sur le poste ;
- la détection des données personnelles par AIGuard s'exécute sur le poste, et ce qui part vers le modèle est pseudonymisé ;
- le journal des protections est conservé hors du poste, pour qu'on ne puisse pas l'effacer en effaçant la machine.
Côté fournisseur, deux garanties sont écrites dans les conditions commerciales d'Anthropic, et nous les citons mot pour mot, avec leurs liens, sur notre page d'accueil : les contenus des clients ne servent pas à entraîner ses modèles, et son accord de traitement des données, clauses contractuelles types comprises, est incorporé d'office.
Pour les interventions sur site, l'édition AIKeep Portable emporte le logiciel et ses données sur une clé USB : rien de ses fichiers ne reste sur le PC du client.